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Interview alumni - Angélique FLIPPOT (alumni 2017)

3/18/2022
ESAP
Interview alumni - Angélique FLIPPOT (alumni 2017)

Angélique est une femme déterminée. Après plusieurs années à travailler dans le même établissement, elle a repris ses études pour développer ses compétences et se créer de nouvelles opportunités pour lier ses deux sujets de prédilection : les achats et le monde médical.

Bonjour Angélique, pouvez-vous nous en dire davantage sur votre parcours académique et professionnel ?

J’ai commencé par faire un baccalauréat dans les sciences médico-sociales. Après l'obtention de ce premier diplôme, je ne souhaitais pas devenir infirmière comme 95% de mes camarades, alors j’ai décidé de m’orienter en fac de sociologie à l’Université de Nantes.  J’ai validé une maîtrise fondamentale de sociologie en 1999. Dans le but de financer mes études, je travaillais parallèlement dans des cliniques, en faisant des remplacements pendants 4 ans, et c’est à ce moment-là que je suis tombée par hasard sur le monde des achats.

Je suis restée pendant plusieurs années au sein de la Polyclinique de l'Atlantique et j’ai beaucoup évolué dans cette structure. Je suis rentrée en tant qu’assistante des achats en 2001, je m’occupais de l’organisation de la restructuration et de la fusion des cliniques.

Par la suite, je suis devenue responsable logistique Hôtelière, et je m’occupais de la partie achats et logistique du périmètre hôtelier de la clinique. Puis en 2006, j’ai pris le poste de responsable achats et logistique toujours au sein du même établissement.

Ensuite j’ai eu mes enfants et j’ai décidé de reprendre mes études au sein de l’ESAP afin de monter en compétence.

Il n’est pas toujours évident de reprendre ses études après plusieurs années de salariat. Pourquoi avoir fait le choix de reprendre vos études ?

En effet, c’est une grosse décision. J’ai décidé de reprendre mes études, car j’avais le sentiment d’avoir fait le tour du poste que j’occupais et j’avais envie de découvrir un autre cadre professionnel. En revanche, à ce moment-là, j’estimais que je n’étais pas légitime à prendre fonction dans les achats, qui est un métier à part entière, et j’ai donc décidé de consolider mes acquis/compétences/savoir terrain par un savoir théorique.

C'est pourquoi j’ai décidé de sauter le pas en 2016. J’ai rejoint l’ESAP pour faire un Master 2 manager des achats internationaux.

Au début, je pensais faire une VAE, et lorsque j’ai rencontré le directeur de l’ESAP, il m’a proposé de suivre le cursus sur l’année, en alternance. Je me suis dit que c’était un beau challenge à relever.

C’était également un choix familial. J’avais besoin de changer et cela correspondait aussi avec ma vie de famille. À l'époque, mes enfants étaient âgés de 3 et 5 ans. Ce rythme d’alternance me permettait de concilier travail, vie personnelle et de me relancer dans les études. C’était un rythme très soutenu, mais c'était une période très enrichissante, par le fait de partager nos expériences avec les autres personnes qui suivaient le cursus.

Si c’était à refaire, je le referais sans hésitation, même si la période de rédaction du mémoire était intense.

Comment s’est déroulée votre année à l’ESAP ?

Il faut savoir que j’ai eu la chance d'intégrer la première promotion à Saint-Nazaire au niveau Master 2. Nous étions donc 9 étudiants, avec une réelle envie d’apprendre, de s’entraider et de partager les informations.

La professionnalisation des achats dans le domaine de la santé est assez récente, et se développe depuis peu de temps, j’ai donc beaucoup appris au contact de mes camarades qui exerçaient quant à eux plutôt dans des domaines industriels.

Ce qui m’a beaucoup plu à l’ESAP, ce sont les cours donnés par des professionnels des achats. Cela permet d’aborder des situations concrètes et nous pouvions allier théorie et pratique.

Est-ce que la reprise de vos études vous a permis d’évoluer professionnellement ? Que faites-vous aujourd’hui ?

Grandement oui ! Suite à l’obtention de mon Master 2, j’ai rejoint la centrale d’achats Resah, en tant que cheffe de projet responsable du pôle achats généraux et hôteliers. Je suis donc partie travailler à Paris, et j’ai pu me familiariser avec les achats publics.

C’était riche en apprentissage et j’ai réussi à faire miens les trois principes fondamentaux des achats publics à savoir

-       la liberté d’accès à la commande publique

-       l’égalité de traitement des candidats

-       la transparence des procédures

Néanmoins, le contact avec les prescripteurs me manquait. En effet,  pour moi la partie la plus importante des achats, c’est l’analyse du besoin et toute la partie échange avec le prescripteur. C’est pour cette raison que  j’ai rejoint le centre hospitalier de Cholet au poste d’adjointe de direction et responsable achats. Au sein de l'établissement, j’ai notamment mis en place un outil de communication interne, de dépôt et de suivi de demandes afin d’avoir une bonne relation entre le service achats et les clients internes.

À ce moment, je me suis rendu compte que j’avais 2 appétences : celle des achats et celle du secteur de la santé. Et je ne pouvais pas dissocier les deux. C’est important pour moi de constater qu’à mon niveau, j'ai un impact sur le bien-être des patients et usagers de l'hôpital.

À côté de mon travail, je suis également membre du CNA (Comité National des Achats) Pays de la Loire. C’est un réseau qui permet entre autres aux PME d’accéder à des outils, des conférences, tables rondes sur la fonction achats. Toutes les entreprises peuvent adhérer au CNA afin de découvrir les tendances et priorités des directions achats.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Sans hésiter : la relation avec le prescripteur et nos clients internes.

 

Votre plus grande difficulté dans votre métier ?

Dans le domaine des achats en général, la plus grande difficulté est d’avoir un langage commun, de faire comprendre au prescripteur qu’il doit partir d’une problématique plutôt que d’une finalité dans l’expression de son besoin. On a aussi un rôle de facilitateur pour apporter des solutions au niveau des ressources matérielles, ce qui implique d’être toujours sur le qui-vive.

Au niveau plus global, l’un de nos principaux défis en tant qu’acheteur est de  faire changer la vision du secteur des achats et les mentalités dans les entreprises. On ne doit plus être perçu comme un frein à l'initiative personnelle, mais plutôt comme des partenaires business avisés qu’ils doivent solliciter pour être conseillés.

Qu'est-ce qu’un bon acheteur selon vous ?

Être un bon acheteur, c’est avant tout être curieux : la sociologie m’a beaucoup apporté, il faut savoir dialoguer et aller chercher le besoin du prescripteur.

Le second point est d’être agile : pouvoir rebondir, s’adapter aux contraintes, faire face aux ruptures d'approvisionnement et anticiper les événements même les plus imprévisibles.

Le dernier point serait d’avoir une écoute active, afin de tisser un lien de confiance avec les personnes, avec les personnes que nous côtoyons au quotidien. La relation client interne est très importante et c’est par ce biais que nous avons le fondement d’un processus achat réussi.

Un conseil à donner aux personnes qui souhaitent intégrer un service achat ?

Mettez en avant vos soft skills car c’est un atout important dans le métier. Aussi, n'hésitez pas à ouvrir votre esprit à plusieurs secteurs pour continuer d’apprendre en permanence. Restez toujours à l’écoute de vos prescripteurs. Un achat réussi, est avant tout un achat dont le besoin a été analysé.

Le meilleur conseil que je pourrais donner c’est de foncer :) C’est un métier passionnant qui vous permettra d’avoir une multitude de casquettes :  gestion de projets, relation interne, relation clients, suivi de fournisseur. Vous ne vous ennuierez jamais aux achats !