Interview de Antonin PUYRIGAUD, acheteur projet dans les énergies renouvelables (Valeco)

À 29 ans, Antonin PUYRIGAUD évolue dans un secteur en pleine transformation, celui des énergies renouvelables. Acheteur projet chez Valeco, il contribue au développement de centrales solaires et éoliennes, de la phase de préconstruction jusqu’à la signature des contrats. Entre rigueur, coordination et enjeux environnementaux, il revient sur son parcours, son quotidien et les défis d’un métier au cœur des projets énergétiques de demain.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
Je m’appelle Antonin PUYRIGAUD, j’ai 29 ans et je travaille aujourd’hui en tant qu’acheteur projet chez Valeco, une entreprise spécialisée dans le développement de projets solaires et éoliens. Concrètement, nous mettons en place des centrales solaires et des éoliennes.
Avant de rejoindre Valeco, j’ai eu plusieurs expériences professionnelles, aussi bien dans le secteur public que privé. J’ai notamment travaillé chez Dassault Aviation ainsi qu’à l’Office national des forêts. Ces expériences m’ont permis de découvrir différents environnements de travail et de développer mon adaptabilité.
Côté formation, j’ai intégré l’ESAP après l’obtention de mon BTS. J’y ai suivi un cursus en trois ans, avec une spécialisation dans les achats, ce qui m’a permis de construire progressivement mon projet professionnel.
En quoi consiste le métier d'acheteur projet ?
Mon rôle consiste à piloter des consultations dans le cadre de projets énergétiques. Je travaille en collaboration avec différents interlocuteurs, notamment les ingénieurs du pôle préconstruction. Dans un premier temps, nous construisons un planning en fonction des délais d’approvisionnement et des dates de démarrage des chantiers. Ensuite, nous rédigeons les Dossiers de Consultation des Entreprises (DCE), en lien avec les juristes pour encadrer les aspects contractuels. Une fois ces éléments prêts, nous lançons les appels d’offres, soit via des procédures publiques avec publication officielle, soit en privé. Nous recevons ensuite les offres des fournisseurs, que nous analysons avec les équipes techniques et juridiques. Le processus se poursuit avec plusieurs phases de négociation, incluant des soutenances et différentes versions d’offres, jusqu’à sélectionner la proposition la plus pertinente. Enfin, nous finalisons par la signature du contrat.
À quoi ressemble une journée type dans votre métier ?
Il n’y a pas vraiment de journée type, car je travaille sur plusieurs projets en parallèle, chacun étant à un stade différent. Certaines journées sont consacrées au lancement d’appels d’offres, d’autres à l’analyse des offres ou encore à des réunions avec les fournisseurs.
Quand l’activité est plus calme, je peux me concentrer sur le relationnel avec les partenaires, organiser des réunions ou encore réaliser des analyses financières pour évaluer la solidité des fournisseurs.
C’est un métier très varié. Nous suivonsles projets sur la durée, parfois pendant plusieurs mois, voire plus d’un an en amont. Cela permet d’avoir une vraie vision globale et de se sentir impliqué dans leur réalisation.
Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?
La rigueur et l’organisation sont essentielles, surtout lorsque l’on gère plusieurs projets simultanément. Sans cela, il est facile de se perdre. Le travail en équipe est également fondamental. Nous sommes constamment en interaction avec différents services, et il faut savoir collaborer efficacement. Enfin, je dirais la capacité d’adaptation. Nous échangeons avec des profils très variés, et il est important de savoir ajuster sa communication en fonction de ses interlocuteurs.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est le suivi des projets et le fait d’y contribuer concrètement. Être acteur de la construction d’une centrale solaire ou d’un parc éolien est très gratifiant. Il y a aussi une dimension personnelle car travailler dans les énergies renouvelables donne du sens à ce que je fais. Participer à la mise en place d’infrastructures durables, et voir concrètement le résultat final, est une vraie source de motivation. J’aime également les défis liés au métier, notamment lorsqu’il faut trouver des solutions pour respecter les budgets ou tenir des délais serrés.
Quel est le plus grand challenge que vous rencontrez ?
Le principal défi est de respecter les délais de signature des contrats. Tout est très anticipé et planifié en amont, notamment en fonction des contraintes d’approvisionnement des fournisseurs. Par exemple, certains équipements doivent être commandés plusieurs mois à l’avance. Si la signature du contrat est retardée, cela peut décaler l’ensemble du projet, y compris la phase de chantier. Il faut donc être très vigilant sur le planning, anticiper les imprévus et intégrer des marges de sécurité. Des facteurs externes, comme des tensions géopolitiques ou des problèmes d’approvisionnement, peuvent aussi impacter les délais.
Pourquoi avez-vous choisi cette voie ?
Les achats m’ont toujours intéressé, notamment pour leur dimension relationnelle et stratégique. J’apprécie le fait de travailler en équipe et de contribuer directement à la performance de l’entreprise. Le métier d’acheteur a un impact concret sur l'entreprise car une optimisation des coûts peut avoir des répercussions significatives, positives comme négatives sur le chiffre d’affaires. Cela donne un vrai sentiment d’utilité. J’aime aussi le lien avec les fournisseurs, le côté négociation et la recherche d’équilibre entre les différents acteurs.
Pourquoi avoir choisi l’ESAP ?
Après mon BTS, j’hésitais entre une licence professionnelle et une école de commerce. J’ai finalement choisi l’ESAP, notamment parce qu’elle permettait d’intégrer directement un parcours en cinq ans. C’est aussi une école qui propose des formations très professionnalisantes. Le fait de commencer par un stage avant l’alternance m’a permis d’acquérir une première expérience, ce qui est souvent un frein pour décrocher une alternance. L’alternance est, selon moi, essentielle dans ce domaine. Aujourd’hui, les recruteurs attendent avant tout de l’expérience concrète. Arriver sur le marché du travail avec deux ou trois ans d’expérience est un véritable avantage.
Pendant ma formation, j'ai développé plusieurs compétences, notamment le travail en équipe, grâce aux nombreux projets collectifs. J’ai aussi gagné en rigueur, ce qui n’était pas forcément naturel pour moi au départ. L’écoute active a également été un point important. Savoir identifier les informations essentielles lors de réunions longues est aujourd’hui un point indispensable dans mon métier.
Quels conseils donneriez-vous aux étudiants ?
Je leur conseillerais de toujours chercher à comprendre le sens de ce qu’ils font, même dans les tâches les plus simples. Derrière chaque mission, il y a un objectif global qu’il faut identifier. Il est aussi important de savoir valoriser ses expériences. Plutôt que de rester vague, il faut être capable d’expliquer concrètement ce que l’on a fait et l’impact de ses actions. Enfin, il faut être curieux, impliqué et ne pas hésiter à prendre des initiatives. Ce sont souvent ces éléments qui font la différence.
Souhaitez-vous partager une anecdote qui vous a marqué à l’ESAP ?
Je me souviens qu’en troisième année, nous étions une petite promotion d’une dizaine d’étudiants. Nous avions l’habitude de jouer au Loup-Garou pendant les pauses. Ce qui était assez amusant, c’est que certains professeurs ont fini par intégrer ce jeu dans leurs cours, notamment en anglais ou en négociation. Ils adaptaient les règles du jeu pour en faire un outil pédagogique. C’était à la fois ludique et formateur, et ça montre qu’on peut apprendre de manière différente tout en restant efficace.
