Interview alumni : Yanis DUREL, acheteur projets chez Eiffage Énergie Systèmes

Interview alumni : Yanis DUREL, acheteur projets chez Eiffage Énergie Systèmes

À 24 ans, Yanis Durel pilote les achats projets pour Eiffage Énergie Systèmes. Entre chantiers industriels et arbitrages techniques, il incarne une nouvelle génération d’acheteurs, à la fois stratégiques et connectés au terrain. Il partage avec nous son parcours, les défis du métier et sa vision de l’achat dans un secteur en pleine transformation. 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Yanis DUREL, j’ai 24 ans et je suis actuellement acheteur projets chez Eiffage Énergie systèmes, à Nantes. Je travaille pour des projets industriels et tertiaires sur la région Ouest, pour plusieurs business units. Concrètement, j’achète de la fourniture électrique et de la sous-traitance pour les différents chantiers de l’entreprise.

Quelles sont vos missions principales ?

En tant qu’Acheteur Projet, mes missions couvrent l’ensemble du cycle d’achat, depuis l’expression du besoin jusqu’au suivi de la performance fournisseur. L’analyse du besoin commence en collaboration étroite avec les équipes internes afin de bien comprendre les enjeux, les contraintes et les objectifs du projet. Sur cette base, je lance la phase de consultation en utilisant les outils adaptés tels que les RFI (Request for Information), RFQ (Request for Quotation) ou RFP (Request for Proposal), selon la nature et la complexité des achats. Ensuite viennent la négociation, la contractualisation, et enfin le suivi fournisseur.

Ce qui rend mon rôle particulièrement intéressant chez Eiffage, c’est la vision globale que j’ai sur le processus d’achats : je suis impliqué dans toutes les étapes, de la phase amont jusqu’au suivi opérationnel, ce qui me permet d’avoir une compréhension complète du cycle projet et de contribuer directement à sa réussite.

Quelles sont les qualités essentielles pour être un bon acheteur projets ?

Je dirais qu’il faut d’abord être un bon communicant, capable de comprendre les besoins et de dialoguer avec des interlocuteurs très variés. L’adaptabilité est aussi centrale, car chaque projet est unique. Enfin, je dirais la curiosité : il faut comprendre ce que l’on achète pour optimiser ses décisions.

Quel est le plus grand défi que vous rencontrez dans ce métier ?

Le principal défi est de convaincre les prescripteurs internes sur certains choix. Les achats dans le BTP comportent une forte dimension technique. N’ayant pas un profil d’ingénieur mais plutôt orienté commerce, cela peut être complexe. Il faut comprendre les enjeux techniques pour pouvoir argumenter, et prendre en compte les contraintes du terrain.

Pourquoi avoir choisi les achats projets ?

Ce qui me plaît dans les achats projets, c’est d’être au cœur de la concrétisation des opérations. Cette fonction requiert une vision globale : comprendre les besoins techniques, anticiper les risques, négocier avec les fournisseurs, tout en conciliant les exigences de qualité, de budget et de planning. Travailler sur les achats projets me permet de contribuer directement à la performance et à la réussite opérationnelle des chantiers, en apportant une réelle valeur ajoutée à chaque étape. Cet aspect concret et stratégique du métier m’a immédiatement plu.

Quelle est la différence entre les achats projets et les achats de production ?

Les achats projets concernent des besoins uniques, propres à chaque projet, avec des contraintes spécifiques qui demandent une grande capacité d’adaptation. Contrairement aux achats de production qui sont plus réguliers et répétitifs, ici chaque projet a ses spécificités. Cela exige une forte capacité d’adaptation.

Comment faites-vous pour rester à jour dans votre domaine ?

Je reste en contact avec les acteurs du terrain : ouvriers, conducteurs de travaux, chargés d’affaires. Je participe aussi à des salons professionnels, qu’ils soient sectoriels ou organisés par les fournisseurs : pour suivre les innovations et les tendances du marché. Internet reste une source d’information, mais j’accorde aussi beaucoup d’importance au réseau interne chez Eiffage, où les échanges sont très enrichissants.

Quel a été votre parcours de formation ?

J’ai commencé par un BUT Qualité, Logistique Industrielle et Organisation à l’IUT de Nantes, pour découvrir la logistique et les flux industriels. Ensuite, j’ai enchaîné avec une licence en gestion des achats et approvisionnements à l’IUT d’Angers. J’ai poursuivi avec un Master 1 à l’ESAP, puis un Master 2 en Management des achats internationaux à Kedge. 

Tout ce parcours s’est fait en alternance. J’ai commencé par l’achat de matières premières chez Méchinaud, où je traitais l’achat des herbes aromatiques. Puis j’ai rejoint RMA pour l’achat de prestations de service. Enfin, j’ai été recruté chez Eiffage en CDI après une dernière alternance.

Pourquoi avoir choisi l’ESAP pour votre formation ?

J’avais eu de bons échos de la part d’alumni et d’intervenants. J’ai apprécié la richesse des profils : des professionnels expérimentés comme des jeunes en début de carrière. Cela crée une dynamique très formatrice.

Quel est votre meilleur souvenir à l’ESAP ?

Les négociations sur des cas concrets m’ont beaucoup marqué. On y apprend vraiment les leviers à activer, et c’est très enrichissant de les appliquer à différents secteurs.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui se lance dans les  achats ?

Je lui conseillerais d’être curieux, de s’intéresser à l’économie, à la géopolitique, et à tout ce qui peut impacter le marché. Il faut aussi aller sur le terrain et écouter les besoins. 

Quels sont vos projets professionnels ?

J’aimerais continuer à monter en compétences, à gagner en responsabilité, et me rapprocher progressivement d’un poste de responsable achats. Mon objectif à moyen/long terme est de m’orienter vers la stratégie achats, en m’appuyant sur la compréhension du terrain que j’ai acquise.

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