Interview alumni : Clément POGUT, responsable de marché chez Hydro-Québec

Clément, un jeune professionnel de 29 ans, a su bâtir une carrière en achats à travers une variété de secteurs. Après des débuts dans l'automobile, l'agroalimentaire et l'industrie, il est aujourd'hui responsable de marché chez Hydro-Québec, une grande entreprise d'énergie du Canada. Dans cette interview, il nous raconte son parcours, ses missions actuelles, ainsi que les défis et les satisfactions qui rythment son quotidien.
Peux-tu te présenter brièvement ?
Je m'appelle Clément POGUT, j'ai 29 ans, et j'ai fait partie de la promotion 2018 du master de l’ESAP. Mon parcours a commencé avec un DUT en techniques de commercialisation, suivi d'une licence en achats en alternance, puis du master en alternance également. Après mes études, j'ai travaillé dans différents secteurs : d'abord dans l'automobile en tant qu'acheteur-projet pendant deux ans, puis dans l'agroalimentaire à Lyon. Ensuite, j'ai décidé de partir au Canada, où j'ai rejoint la société de conseil Actoran spécialisée dans les achats. Actuellement, je suis responsable de marché chez Hydro-Québec, où je gère les achats dans le secteur de l'ingénierie géotechnique.
Quelles sont tes missions actuelles ?
En tant que responsable de marché, je suis chargé de définir et mettre en œuvre la stratégie d'achats à court terme (1 à 2 ans) et à long terme (7 ans) pour mon portefeuille. Celui-ci inclut des projets dans l’ingénierie géotechnique, d'une valeur de 167 millions, et des projets éoliens à hauteur de 35 millions. Mes missions principales consistent à définir la stratégie d'achat pour les études de sols. Ce qui est nécessaire à la construction d'infrastructures hydroélectriques, principalement des barrages. Je suis responsable de l’élaboration des contrats-cadres avec les fournisseurs, en collaboration avec les équipes internes, et je veille à la bonne mise en œuvre de ces contrats. Mon rôle implique aussi de travailler étroitement avec les équipes juridiques et de suivre les résultats des projets dans une perspective à long terme.
Qu'est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ?
Ce que j'apprécie le plus, c'est la diversité des missions. En tant qu'acheteur, j'ai eu l'opportunité de travailler dans des secteurs très variés : de l'automobile à l'agroalimentaire, en passant par la construction et l’énergie. Chaque projet est différent et cela me permet d’apprendre constamment. Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu'il permet de toucher à des domaines très techniques, même si nous ne sommes pas ingénieur. Il faut savoir comprendre les enjeux des différents secteurs et s'adapter en permanence. C’est aussi un métier qui offre beaucoup de contacts avec des personnes de diverses expertises, ce qui rend le travail stimulant.
Quelles sont les qualités principales pour être un bon acheteur ?
Pour être un bon acheteur, il faut avant tout être curieux. Il est important de vouloir comprendre les différents domaines dans lesquels on intervient et de se tenir informé des nouveautés. La communication est également essentielle. Il faut savoir convaincre et être à l’aise pour échanger avec des personnes aux profils variés, qu’il s’agisse d’ingénieurs, de responsables qualité, ou de dirigeants. Il faut aussi être capable de vendre ses idées et ses objectifs, tout en étant empathique et à l'écoute. Enfin, il est important de ne pas être trop stressé, car ce métier peut être exigeant et demandant. Une certaine sérénité est nécessaire pour faire face aux défis quotidiens.
Quel est le plus grand challenge que tu rencontres dans ton métier ?
Le plus grand défi dans mon métier est la communication avec toutes les parties prenantes. En tant qu'acheteur, je travaille avec des personnes venant de secteurs très différents, comme des ingénieurs, des responsables qualité, ou même des dirigeants d'entreprises. Chacun a sa propre manière de voir les choses et une expertise différente. Il faut donc savoir adapter sa communication pour réussir à coordonner tout le monde autour d'un même objectif. C’est un challenge permanent, surtout lorsqu'il faut négocier et faire en sorte que tous les acteurs collaborent efficacement.
Comment es-tu arrivé au Canada ?
C'est une opportunité qui s'est présentée un peu par hasard. J'étais à Lyon et une entreprise de conseil, Actoran, m'a contacté. Après plusieurs entretiens et un processus de sélection, j'ai eu l'opportunité de rejoindre l’équipe. Huit mois après le début des premiers échanges, je me suis retrouvé au Canada. Les achats sont très valorisés à l’étranger, notamment en raison du manque de formations spécialisées dans certains pays. C'est un levier intéressant pour évoluer à l'international, ce qui m'a poussé à saisir cette chance.
Pourquoi préfères-tu travailler au Canada plutôt qu'en France ?
Le Canada offre une certaine flexibilité qui est très agréable. Ici, si tu atteins tes objectifs, tu es libre de gérer ton emploi du temps. Par exemple, tu peux partir plus tôt dans l'après-midi sans que cela pose de problème, tant que tu es performant. Ce n’est pas toujours le cas en France, où les journées de travail peuvent être plus longues. La mentalité au Canada est aussi différente. Il n'y a pas de jugement basé sur l’école que tu as fréquentée ou sur ton parcours. Ce qui compte vraiment, c'est ta capacité à performer et à contribuer au succès de l’entreprise. C’est cette ouverture d'esprit qui me plaît, et en plus, les achats sont encore en développement au Canada, offrant de nombreuses opportunités d’innovation.
Pourquoi as-tu choisi l’ESAP pour ta formation ?
Mon entreprise était en partenariat avec l’ESAP, et j'avais entendu beaucoup de bien de cette école, notamment grâce à des amis qui y étaient déjà. L’alternance m’a semblé être la meilleure option pour continuer ma formation tout en acquérant une expérience concrète. De plus, le programme offrait exactement ce que je cherchais : un mélange de théorie et de pratique. Après un entretien avec le directeur de l’époque, j’ai décidé de me lancer. Je ne regrette pas mon choix, car cela m’a vraiment permis d’approfondir mes compétences en achats et d’enrichir mon parcours professionnel.
Quel est ton meilleur souvenir à l’ESAP ?
Ce que j’ai vraiment apprécié, c’était l’opportunité d’écouter des intervenants professionnels, des acheteurs en poste, qui nous livraient leurs anecdotes et conseils. C’était bien plus enrichissant que la théorie apprise en cours. Ces intervenants nous parlaient des défis qu’ils rencontraient dans leur quotidien et des pièges à éviter. Cela m’a beaucoup appris et m’a donné une perspective plus concrète et réaliste du métier.
Quel conseil donnerais-tu aux jeunes qui sont actuellement à l'ESAP ?
Je leur conseillerais d’être curieux et d’ouvrir leur esprit à d’autres horizons. Le métier d’acheteur est très exportable et il existe de nombreuses opportunités à l'international. Même si la profession se structure et se spécialise, il y a encore beaucoup à faire et à apprendre à l’étranger. Je leur dirais également de ne pas forcer s’ils n’aiment pas ce qu’ils font. C’est un métier exigeant, et il faut avoir une véritable passion pour s’y épanouir. Mais si le cœur y est, il n'y a pas de limite à ce que l’on peut accomplir.
